Le 23ᵉ Congrès International et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AfWASA/AAEA) s’est officiellement ouvert le 9 février 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, réunissant plus de 3 000 décideurs politiques, experts, chercheurs, industriels, acteurs techniques, partenaires de financement et jeunes professionnels du secteur de l’eau et de l’assainissement venus de toute l’Afrique et d’au-delà.
Un thème porteur d’ambition continentale
Placée sous le thème « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition incarne une réponse collective aux défis hydriques et sanitaires majeurs qui pèsent sur le continent. Ce thème résonne dans un contexte où plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à de l’eau potable gérée en toute sécurité et près de 800 millions n’ont pas accès à des services d’assainissement de base.
Au cœur de ces enjeux se trouve l’Objectif de Développement Durable n° 6 des Nations Unies, qui vise à garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici 2030. Le congrès se veut un moment stratégique pour accélérer l’action collective vers cette échéance, alors que le continent se rapproche à grands pas de la date butoir.
Discours inauguraux : Mobilisation, responsabilité et changement de paradigme
Lors de la cérémonie d’ouverture, le président de l’AAEA, Dr Blaise Moussa, a lancé un appel vibrant à la mobilisation continentale. Il a insisté sur la nécessité de changer d’échelle dans la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement, affirmant que l’Afrique ne peut plus subir son destin hydrique mais doit désormais le maîtriser, l’anticiper et le gouverner.
Sa vision englobe un renforcement des cadres réglementaires, une intégration accrue des politiques africaines du secteur, ainsi que des financements plus structurés et soutenus. Il a notamment appelé les chefs d’État et de gouvernement africains à reconnaître l’eau non seulement comme une dépense sociale, mais comme un investissement stratégique, essentiel à la stabilité sociale, à la croissance économique et à la paix sociale.
À ses côtés, des personnalités comme Dr Cheikh Tidiane Dieye, ministre de l’Hydraulique du Sénégal et Président du Conseil des Ministres africains chargés de l’Eau (AMCOW), ont souligné l’importance d’une gouvernance intégrée et transfrontalière de l’eau, ainsi que l’alignement des stratégies africaines sur les agendas continentaux comme l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Un carrefour d’innovations et de solutions africaines
Plus qu’une simple conférence, le congrès s’étend sur plusieurs dimensions :
Sessions plénières et ateliers techniques explorant des sujets tels que la gestion intégrée des ressources en eau, le financement durable, la gouvernance et la technologie innovante.
Expositions mettant en lumière des technologies nouvelles et des solutions adaptées aux réalités africaines.
Congrès AfWASA 2026 Yaoundé
Rencontres de réseautage et échanges d’expérience entre institutions, partenaires, entreprises et acteurs locaux.
Les organisateurs espèrent que ces échanges serviront de catalyseurs pour transformer les engagements en actions concrètes sur le terrain.
Partenariats et promesses de financement
L’un des aspects les plus significatifs de cette édition est l’accent mis sur la mobilisation des ressources. Par exemple, des engagements importants de partenaires financiers, comme celui de la Banque africaine de développement (BAD), qui envisage d’investir près d’un milliard de dollars en 2026 dans des projets d’eau et d’assainissement, ont été mis en avant.
Ces financements sont destinés à renforcer la préparation de projets, améliorer la performance des services et soutenir l’innovation. Pourtant, le fossé entre les besoins estimés – plus de 50 milliards de dollars par an pour atteindre l’ODD 6 en Afrique – et les ressources effectivement mobilisées reste immense, ce qui appelle à une solidarité accrue et à des modèles de financement novateurs.
Un moment fondateur pour l’Afrique
En somme, le 23ᵉ Congrès International et Exposition de l’AAEA à Yaoundé s’inscrit comme un moment charnière pour le secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique. Il ne s’agit pas uniquement d’analyses de situation ou de déclarations politiques, mais d’un véritable appel à l’action coordonnée : mettre en œuvre des politiques robustes, déployer des solutions technologiques pertinentes, renforcer les capacités locales et accélérer les investissements.
Alors que les travaux se poursuivent jusqu’au 13 février 2026, l’espoir est que cette rencontre serve de point de bascule — une étape décisive vers un continent où l’eau et l’assainissement sont accessibles à tous, non seulement comme un droit fondamental, mais comme une réalité tangible pour des millions d’Africains.

